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Exposition 75016/75116

Bruno Comtesse est photographe. Il vit à Paris dans le XVIe arrondissement. Il y a repéré des dizaines de halls d'immeubles conçus entre 1950 et 1970. Trahissant un standing désuet, les entrées d'immeubles qu'il a photographiées par dizaines révèlent un chic clinquant, décalé et vintage qui intrigue, inquiète ou fait sourire. C'est bien malgré lui que le très huppé "75016-75116" s'est livré dans ces halls peuplés de fantômes habillés en Courrèges. Du 20 février au 17 mars 2007.

Boulevard Murat


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Bruno Comtesse

Bruno Comtesse
Bruno Comtesse est né le 26 septembre 1960. Il débute dans la photographie professionnelle en 1980 et réalise ses premières campagnes publicitaires à partir de 1986. Il est depuis régulièrement primé dans les festivals publicitaires internationaux. Parallèlement, il collabore à de nombreux magazines, notamment Code d’Accès.

75016-75116 : la B.O.

Un montage de Mathieu Deniau

L'expo sur France Inter

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"Entrées désertées"

"J’ai réalisé ces images à deux exceptions près en lumière indirecte ou à contre jour afin d’éviter des ombres trop marquées. Il fallait rester simple et descriptif sur la forme. L’idée directrice c’est que tous ces halls appartiennent au même arrondissement. Unité de lieu, de forme mais surtout de style ! J’aime aussi le parti pris d’avoir pris ces images dans le XVIème arrondissement. Au départ c’est le coté absurde et graphique qui m’a frappé. La répétition n’a fait qu’accentuer cette absurdité. Ca souligne en même temps la richesse de l’inspiration qui reste étonnamment homogène. En principe, les matériaux utilisés, le marbre, le verre, le métal ne vieillissent pas. Sauf qu’en architecture aussi les modes passent et le temps joue des tours à tout le monde, y compris aux entrées chics. Le côté comique et un peu sinistre de certains clichés vient peut-être de là. Ces halls sont toujours déserts malgré la débauche d’efforts esthétiques. Personne, visiblement, n’a envie d’y rester pour en profiter. J’aime le contraste entre le vide et l’opulence du décor qui semble n’exister pour personne. En fait, quand j’ai repéré la singularité de ces halls, j’ai pensé à mon enfance. Ils m’ont rappelé la DS 21. A l’époque elle était révolutionnaire. Elle aurait pu être garée devant l’une de ces entrées. La DS a disparu mais les halls sont restés." Bruno Comtesse

Galerie Plume

48 rue de Montmorency Paris 3eme Tél. (0)1 42 71 12 24 contact@galerieplume.com

Relations presse

anne@annedelajartre.com

75016-75116, le livre

75016-75116, le livre

Nos parties communes

Bruno Comtesse a fait ce qu’on évite généralement. Il est resté dans l’entrée. Il en a capté le vide sidéral, la vanité des origines et la pompe bourgeoise : débauche de marbre et de métal doré, sources taries, bassins vides et jardins inutiles, fresques panafricaines et vitraux païen. On cherche l’intention initiale des architectes - certains courent toujours - et on ne trouve pas. Car ces colonnes ne sont plus traversées que par des habitants déguisés en courants d’air. Même la lumière se force à rester. Du côté de la porte d’Auteuil, de Passy ou de la Muette, on imagine qu’une concierge à mi-temps veille sur la brillance des carrelages et des rampes comme un curé sans paroisse. Mais personne n’est dupe. La copropriété a probablement honte de cet enfant vieilli trop vite. Excepté les géraniums de troisième génération et ces bruits de pas qui résonnent en s'éloignant, tout est mort. Franchement, il faut faire un effort pour accrocher de vagues souvenirs aux boutons noirs d’un interphone, à la poignée d’une porte vitrée ou à ce zizi en inox cuivré tout droit sorti d’une série B. Les parents m’ont sans doute emmené voir des amis chez lesquels on entrait par là. Après la mort de Pompidou, avant le programme commun ? J’ai du mal à être plus précis. Lui, devait avoir des bottines à fermeture éclair. Elle ? Je ne sais pas, peut-être une minijupe écossaise et des collants orange. Elle s’appelait Françoise ? Chacun fait comme il peut avec ces dépendances. Bruno Comtesse s’est débrouillé autrement. Il a pensé à la DS 21. C’est ça ! Pour que ce soit aimable, il faut penser à autre chose. Quelque chose qu’on lance dans le décor pour transformer l’espace en lieu de mémoire. Et encore, les souvenirs ne se laissent pas faire. Une blonde en ciré noir, Vincent, François, Paul et les autres, une inflation à deux chiffres, une pub télé pour Vigor - « la puissance industrielle au service de vos sols » -, les Carambars à 10 centimes, on cherche, on rame. Et soudain, le sourire en coin se fait piéger par un petit béguin qui n’habiterait plus à l’adresse indiquée et qu’on se met à suivre comme une ex. Alors, on comprend le cœur chiffonné que Bruno Comtesse a shooté juste ; ses parties communes sont aussi les nôtres.